Le passage de l’écrit à l’image est délicat, notamment dans le domaine humoristique. « Dédé le
Fachomako » s’inspire du format des émissions pratiques TV, puisque le
personnage démontre à chaque épisode comment se sentir de plus en plus
marseillais. Il s’agit également de rappeler une série classique avec des
personnages récurrents, et une diversité de décors en majorité extérieurs. Au niveau « Images »
Marseille fait partie du casting, pour cela nous avons souhaité utiliser une
méthode de photographie valorisante. La narration permet également de dévoiler
la ville à travers les situations que traversent les personnages. Enfin, les plans de coupes permettent de se
situer géographiquement et de montrer la population. Le personnage principal : « Dédé ». C’est un marseillais, un vrai, qui ne vit que pour une
seule chose: sa ville. Pour lui donner vie et le détacher des autres
personnages, nous avons décidé qu’il sera le seul à s’adresser à la caméra
(c’est aussi pour garder le côté « émission pratique »). Il est aussi le seul personnage à avoir un accent marseillais aussi poussé, c’est une caricature qui s’oppose au réalisme des différents protagonistes. La lumière est un autre élément permettant de le
différencier, elle est toujours chaude, comme si le soleil n’illuminait que
lui. Après tout il représente Marseille ! Le format court permet d’être incisif, précis et d’aller à droit au but : faire rire. Nous pensons que l’humour peut transmettre davantage d’information et de valeurs qu’un simple cours d’éducation civique. Avec l’humour on peut parler de tout, de la violence au racisme en passant par la politique… On se souvient des « Inconnus », qui, en abordant tous les thèmes de société, nous
ont fait rire et réfléchir à la fois. La charte définie permet de donner les réponses possibles à
une situation donnée (exemple : Comment circuler en ville). Les
interventions extra-diégétiques de Dédé, sont mises en valeur par deux couleurs
: le rouge (pour le « Tié pas bon »,
où Dédé apparaît en vignette du côté gauche) et le vert (pour le « Tié bon », où Dédé apparaît en
vignette du côté droit). Le grotesque et la démesure, les nombreux personnages et les
références à la routine quotidienne donnent au public un sentiment
d’attachement et d’appartenance. La force de cette série réside dans la galerie de personnages qui évoluent autour de Dédé. Ils se veulent proches du réel, ce sont les gens que l'on fréquente au quotidien: de l’inspectrice d’auto-école à l’agent immobilier. La série raconte une histoire, celle de Dédé et des marseillais de son entourage. C’est pour cela que nous disons que cette série est à « 200 % Marseillaise » Mais que la scène se déroule à Marseille, Lille, Rennes ou encore Nice, les thèmes abordés par Dédé ne sont pas propres à la cité phocéenne mais bien à l'être humain. Joshua Fitoussi |